Voici la retranscription:
"Jules se prend pour César":
Petit César deviendra grand
Jules Sitruk n'a pas encore 13 ans mais il est déjà à l'affiche du rôle de César Petit. Portrait d'un enfant de cinéma.
Jules Sitruk c'est d'abbord une bouille: un visage doux et dur à la fois, rond et fin, un visage comme en pâte à modeler, qui peut se fermer, rayonner ou pleurer. Il y a beaucoup d'autres jeunes acteurs. Mais Jules, lui, a une qualité rare: la capacité de se transformer physiquement, de modifier ses traits, d'être vraiment quelqu'un d'autre. Pour les fleurs, on arrête là!
Aujourdhui, il tient (déjà) le premier rôle dans Moi César, 10 ans et demi, 1 mètre39. Pas mal pôur une carrière démarrée en 1999 dans L'ange tombé du ciel, un téléfilm. Pourtant c'était (plutôt) mal parti: son père, Claude, qui est aussi son coach, se souvient de sa période "castings en larmes", il raconte: "De 3 à 8 ans, on a tout arrêté. Avant 3 ans, il pleurait beaucoup. Après, c'était le blocage, une fois arrivé sur place. Il ne disait plus rien." Jules, lui aussi, s'en souvient: "Vers 7 ans, j'ai refait un casting. Pourtant, je voulais vraiment y aller mais cela n'a pas marché". Le déclic revient plus tard, après avoir vu une annonce chez un coiffeur. "J'ai beaucoup insisté pour participer à ce casting, confie Jules. C'était pour un rôle d'autiste. Finalement, le film ne s'est pas fait". Qu'importe! Quelques productions télé de qualité de Sans Famille au Docteur Sylvestre déclenchent des invitations à des émissions connues (Comme au cin"ma, Vivement Dimanche, Ca se discute, etc...) et déjà, Monsieur Batignole n'est plus très loin. Tourné à l'été 2001, sorti en mars 2002, le film totalise 1 761 513 entrées à ce jour. Un sucès qui a mis des ailes dans le dos de l'Ange.
"Je n'étais pas assez gros!"
"Quand Monsieur Batignole ést sorti, papa et moi avons lu dans une annonce que Richard Berry recherchait un jeune garçon. Mais je n'étais pas assez gros! Trois mois après, il avait vu des enfants dans tout l'Europe et n'avait toujours pas trouvé son César! C'est alors que plusieurs personnes lui ont conseillé de voir Monsieur Batignole. Puis il m'a appellé pour une lecture dans un petit théâtre avec les autres enfants. On a lu le texte de la voix off (au cinéma, ce qui permet de dire tout haut ce que pense un personnage). Pour les kilos en trop, on m'a mis une prothèse et c'était bon!"
Et la vraie vie dans tout ça? Avec son père, il a passé un contrat: scolairement, il doit être dans les 5 premiers. Cette année, il est en 5ème au collège Rognoni, un établissement parisien aux horaires aménagés: il n'y a pas d'activités spécifiques sur place mais tout les élèves se destinent à des carrières artistiques. Il y a très peu de comédiens, plutôt des sculpteurs, des peintres, des musiciens, ... Jules n'a que 4 heures de cours par jour, pas de sport ni de technologie.
La devise de son père? "Pendant que tu es en cours, tu écoutes bien et tu n'auras rien à faire à la maison!" En plus, Jules a une excellente mémoire. Il est aussi très sportif (champion de France de kung fu catégorie minimes) mais il a du tout arrêter.
"César, c'est César. Et moi, c'est moi"
1999-2003: en 4 ans de carrière à peine, Jules Sitruk s'est déjà fait un nom. Si Moi César dépasse le million et demi d'entrées, il pourrait y avoir une suite. Ce César-là sera peut-être déterminant pour Jules, qui conclut avec un professionnalisme stupéfiant: "César, c'est César. Et moi, c'est moi, le petit garçon qui le joue. Je préfère que les gens retiennent mon nom."
"Etre acteur, c'est mon métier, ma passion, mon loisir. Tourner pendant mes vacances, ça ne me pose aucun problème. Je bâtis ma vie en m'amusant."



